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Le créateur

Le 10 décembre 1897, Louis Sanvoisin(1), entrepreneur de maçonnerie à Montereau-fault-Yonne, fait breveter un procédé de fabrication de pierres artificielles en ciment.
En 1898, il crée une entreprise de fabrication, l'Usine Saint-Louis, et construit une usine à Varennes-sur-Seine, route de Cannes(2).

Le début de l’usine de Cannes-Écluse

Louis Sanvoisin, même s'il n'a pas beaucoup fréquenté l'école(3), est un entrepreneur dynamique.
En 1919, le site de Varennes étant trop petit, il construit pour l'Usine Saint-Louis une nouvelle usine à Cannes-Ecluse, à l’extrémité de la rue des Bordes, au bord de l'Yonne, aux confins de Marolles-sur-Seine.

La succession de Louis

La structure de l’entreprise évolue en société anonyme. L'entreprise "L. Sanvoisin" est officiellement créée le 20 juin 1926 avec un capital social de 1 800 000 francs(4).
Charles, le fils aîné de Louis, prend sa suite(5) et devient le patron de l'usine de Cannes-Ecluse.
En 1934, au décès de Charles, la direction de l'entreprise passe à René Cretté, son gendre.
En 1935, la gamme de production est large. Le catalogue(6) mentionne les produits suivants : pièces moulées en ciment et ciment armé, agglomérés, moellons de mâchefer, poteaux pour entourages, clôtures, contreforts pour murs, marches évidées, appuis de croisées, linteaux creux, tuyaux en ciment, dés pour poteaux, dalles, bordures de jardin, bordures de trottoirs, chapiteaux, hourdis creux, bancs de jardin, regards de puits, réservoirs, bassins-lavoirs, auges, abreuvoirs, clapiers, mangeoires pour lapins, saloirs, éviers, fosses septiques, épurateurs, sièges à la turque, lavabos, caveaux transportables en ciment armé, études et réalisations à la demande.
L'entreprise compte alors 60 personnes et a des dépôts sur les ports de Villeneuve-Saint-Georges, Choisy-le-Roi, Charenton et Viry-Chatillon.

Durant les quelques mois que René passe sous les drapeaux de septembre 1939 à juin 1940, son épouse assure l'intérim. De juin à août 1940, l’activité cesse pendant l’exode et les quelques jours où les troupes d'occupation s’installent provisoirement dans le site. Pendant la suite de la guerre, René reprend le rênes de l’entreprise, mais l'activité est réduite, sans jamais vraiment cesser.
Le nombre d'employés ayant diminué, en particulier à cause de la guerre, l'entreprise ne compte plus que 10 salariés quand, en 1962, René Cretté prend sa retraite(7).

La fin de l’activité

L'entreprise est alors acquise par M. Wouters, qui délocalise "Les Ateliers Paris" son entreprise de fabrication de ponts-roulants de Nogent-sur-Marne sur le site de l'entreprise L. Sanvoisin, menant les deux activités de front. Petit à petit les deux entreprises périclitent et au décès de leur propriétaire elles cessent toute activité.
En 1976, le site est acquis par Dupessey, entreprise de transport et de recyclage de verre et de plastique.

Les souvenirs de l'entreprise L. Sanvoisin

De l'entreprise créée par Louis Sanvoisin, il subsiste quelques bâtiments dont la maison du directeur et un atelier au bord de l'Yonne portant une inscription qui résume la gamme des produits et qui est visible de la rivière et de la voie ferrée Paris – Lyon.

Subsistent également le quai de chargement des produits sur des péniches et, face à la place Charles de Gaulle, la maison de la belle-mère de Louis Sanvoisin construite avec des parpaings imitant la pierre.
A Cannes-Ecluse et aux environs, on peut encore voir quelques produits fabriqués par l'entreprise Sanvoisin.


 

  1. De son prénom complet, Pierre Louis Sanvoisin est né le 17 juillet 1862 à Germigny-l'Exempt (Cher).
  2. Cette première entreprise périclite dans les années 1930 et fait faillite en 1936. Le site de Varennes est repris par Cimenfer, son concurrent et voisin, dans lequel Louis Sanvoisin a aussi des intérêts.
  3. Il ne sait ni lire ni écrire, mais il sait certainement bien compter et diriger ses ouvriers.
  4. De l'ordre de 1 million d'euros de 2013.
  5. Louis Sanvoisin se consacre alors à d’autres activités, dont une usine à la Grande-Paroisse. Il meurt en 1941.
  6. Annuaire industriel, répertoire général de la production française, 1935.
  7. René Cretté meurt en 1986.
  8. Cliché Nathalie Hubert, Archives départementales de Seine-et-Marne