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Quelques personnalités de Cannes-Ecluse

Daniel d'Auger de Subercase

Né à Orthez le 12 février 1661, il arrive au Québec en 1687. Le 1er avril 1702, il est nommé gouverneur de Plaisance à Terre-Neuve (l'actuelle Placentia), puis en avril 1706 gouverneur de l'Acadie(1). Il défend Port-Royal, sa capitale, assiégée par les britanniques. Mais en 1710 il doit capituler. Il revient vivre dans son Béarn natal.
Le 27 janvier 1717, il acquiert la "Maison Neuve", l'actuelle mairie, où il meurt le 20 novembre 1732. Il est enterré dans l'église(2).

Antoine Philippe de Lardenois de Ville, comte de Lardenoy

Né en 1747, il est député suppléant de la noblesse aux États généraux de 1789 pour le bailliage de Vitry-le-François (Marne). Lieutenant général des armées du roi, il émigre pendant la révolution et l'empire.
En 1815, à la Restauration, il est nommé gouverneur de Toulon, puis en 1816 gouverneur de la Guadeloupe et gouverneur du château des Tuileries en 1823.
Il meurt le 12 septembre 1825 à Cannes-Ecluse où il séjournait chez son gendre le comte de Fautras. Il est inhumé à Fontainebleau.

Amable-Charles, comte de Fautras

Il est né le 22 mai 1776 à Paris. Son père, Benjamin-Jacques, est conseiller de Louis XVI.
Sous la Terreur, pour sauver sa tête, le comte, officier des gardes du futur roi Charles X, fuit Paris. Mais pour ne pas abandonner sa mère restée seule à Paris, il n'émigre pas comme le font tant de nobles. Il se fait engager comme simple postillon au relais de poste du Petit Fossard.
En 1810, il fait l'acquisition de la "Maison Neuve", et y ajoute les deux petites ailes portant des terrasses.
Le 29 avril 1815, il épouse Honorée-Zoé, la fille du comte de Lardenoy. Il est maire de la commune de 1816 à 1830. Veuf tôt et sans enfant, il lègue la "Maison Neuve" à ses neveux de Tressan. Il quitte(3) Cannes-Ecluse en 1830 pour regagner ses propriétés parisiennes et se mêler de politique.
Il décède à Paris le 2 février 1855.

Les familles Dulong de Rosnay, de Fitz-James, de Miramon

Des années 1820 aux années 1920, ces familles aristocrates se transmettent le château de Cannes-Ecluse par mariages successifs.
Hermand Dulong de Rosnay, né en 1805, est le fils d'un général de Napoléon 1er, Louis Etienne Dulong, né à Rosnay(4) dans l'Aube. Il devient propriétaire du château par son mariage avec Marie Deville d'Hanmer-Claybrooke. Il est au centre du conflit judiciaire avec l'abbé Blanquet pour le contrôle de la clé de la porte de la chapelle Saint-Pierre. Il est bienfaiteur de la commune(5). Il décède à Cannes-Ecluse en 1894.
Le château passe ensuite aux Fitz-James par le mariage de sa fille Madeleine (née à Cannes-Ecluse en 1845 – décédée à Cannes-Ecluse en 1913), avec Jacques Charles Edouard de Fitz-James (également décédé à Cannes-Ecluse en 1913).
Leur fils Edouard Jacques Joseph de Fitz-James, est maire de la commune de 1912 à 1914.
Leur petite fille Hélène Marie Madeleine Arabelle de Fitz-James épouse Louis Coeur Marie Joseph de Cassagne de Beaufort de Miramon-Pesteils. Elle se sépare du château dans les années 1920 et des fermes du château et du moulin dans les années 1970.

L'Abbé Blanquet

Né le 14 avril 1808 à Bouchoir (Somme), l'abbé Pierre Pascal Emmanuel Blanquet est curé de Cannes-Ecluse et d'Esmans de 1833 à sa mort le 28 août 1877. Son nom figure sur la cloche de l'église baptisée en 1849.
D'un caractère trempé, il s'oppose farouchement au comte Hermand Dulong de Rosnay dans l'affaire de la clé de la chapelle Saint-Pierre dans laquelle il a la satisfaction de voir la justice lui donner raison.
Il est le moteur de la restauration de l'église de Cannes dans les années 1850 – 1870. Il a aussi mené à bien la restauration de l'église d'Esmans achevée en 1857.
Il est enterré au centre du cimetière de Cannes-Ecluse entre son père et sa soeur.

Alexandre Jozon

Né le 12 juin 1836 à Cannes-Ecluse, il est le maire de la commune pendant 36 ans, de 1871 à son décès le 17 mai 1907.
Il est le fils de Louis Alexandre Jozon, notaire, qui fut maire de 1843 à 1857 (auparavant il avait été maire de Voulx en 1835 – 1836), et le petit-fils d'Etienne Lombard, qui fut maire de 1830 à 1835 et de 1838 à 1843. Il est le propriétaire de la petite fabrique de tuiles (8 ouvriers en 1888), située entre l'Yonne et la voie ferrée, au n°1 de la rue qui porte son nom de nos jours.
De 1871 à 1877, Alexandre Jozon se retrouve au milieu du conflit judiciaire entre le comte Hermand Dulong de Rosnay, conseiller municipal, et le curé, l'abbé Blanquet, relatif à la clé de la chapelle Saint-Pierre.
C'est surtout le porteur du projet de construction du pont suspendu sur l'Yonne en remplacement du bac. Le lobbying et les procédures préliminaires durent quinze ans, de 1878 à 1893, le pont étant finalement mis en service en 1894.
En reconnaissance, la commune donne son nom à la rue qui va de la tuilerie au pont.
Par contre, malgré ses demandes réitérées jusqu'en 1902, il ne réussit pas à obtenir qu'une halte soit ouverte sur la ligne de chemin de fer, alors à une seule voie, le P.L.M.(6) opposant un refus permanent(7).
Il était officier d'académie(8).

Les titulaires de la Légion d'honneur

Plusieurs cannois de naissance se sont vus décerner la Légion d'Honneur :
- Edouard Aubineau, né le 24 septembre 1852, capitaine au groupe territorial du 1er régiment d'artillerie, enterré au cimetière,
- Aladard Depresle, né le 10 septembre 1866, administrateur de la caisse d'épargne de Meaux,
- Pierre Descourty, né le 3 octobre 1798, sergent au 25ème régiment d'infanterie de ligne,
- Léon Drège, né le 30 juin 1880,
- Jean-Baptiste Jozon, le fils d'Alexandre Jozon, né le 9 mai 1875, capitaine au centre mobilisateur d'infanterie n°212,
- Jules Lenoir, né le 16 février 1853, capitaine commandant la compagnie de sapeurs pompiers de Montereau,
- Auguste Thomas, né le 21 mars 1829.

Par ailleurs, deux autres titulaires de la Légion d'honneur sont enterrés à Cannes-Ecluse(9) :
- Daniel Bezard, né le 19 juillet 1886 à Saint-Lambert (Maine-et-Loire), lieutenant au 44èmerégiment d'infanterie, tué en 1918 à Cannes-Ecluse dans un accident d'avion,
- Georges de la Vergne de Tressan, né le 3 mai 1877 à Saint-Germain-en-Laye, capitaine au 41ème régiment d'infanterie, tué le 4 octobre 1914 à Neuville-Vitasse (Pas-de-Calais). Il est le père de Françoise Pajot de Tressan qui vendit la "Maison Neuve" à la commune de Cannes-Ecluse.

Les cannois protecteurs des enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale

En décembre 2008, Paul et Marguerite Bertin et leur fille Paulette sont déclarés "Justes parmi les Nations"(10) pour avoir recueilli et caché deux enfants juifs de 1942 à 1945.

Une autre petite fille juive fut hébergée pendant la seconde guerre mondiale par un couple de cannois. Ses parents ayant été tués à Auschwitz le 23 septembre 1942, elle fut adoptée par ses protecteurs. Sachant qu'ils considéraient avoir agi comme tout un chacun l'aurait fait, ni elle ni ses enfants ne souhaitèrent solliciter une reconnaissance officielle pour eux.

 

  1. L'Acadie est une ancienne colonie française fondée en 1604 qui s'étendait sur le nord et l'est de la province canadienne du Nouveau-Brunswick. Elle est conquise en 1713 par les Britanniques.
  2. La dalle funéraire a disparu.
  3. Il y revient au moins une fois en 1849 pour le baptême de la cloche dont il est le parrain.
  4. Aujourd'hui Rosnay-l'Hôpital.
  5. Il fait don de plusieurs terrains, d'un puits avec une pompe, d'un abri pour les voyageurs malheureux, …
  6. Paris – Lyon – Méditerranée.
  7. Ceci alors que la halte de Noslong-Marolles est ouverte sur la ligne Paris – Montereau – Troyes en 1868 à la demande des communes avoisin
    antes. Après Alexandre Jozon, la commune continue d'adresser des vaines demandes au P.L.M. et au Ministre des travaux publics en 1914, 1915 et 1917. On en parle encore dans les années 1960.
  8. Aujourd'hui "chevalier dans l'ordre des Palmes académiques".
  9. Leurs noms figurent sur le monument aux morts.
  10. En 1953, la Knesset, l'assemblée législative de l'État d'Israël, crée le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, et décide d'honorer "les Justes parmi les Nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs". Le titre de "Juste" est décerné au nom de l'État d'Israël par le Mémorial de Yad Vashem.