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Le contexte historique

Depuis le 19 juillet 1870, la guerre fait rage entre la France et la Prusse et ses alliés allemands. Le 3 septembre, après la défaite de Sedan, Napoléon III est destitué et la 3ème République est proclamée. L'armée prussienne se dirige vers Paris

Le 29 septembre, des compagnies de gardes nationaux sont organisées dans chaque commune pour la défense des localités. La garde nationale sédentaire, affectée au maintien de l'ordre dans les villes et les villages, est constituée avec les moyens locaux. L'équipement de ces gardes nationaux est assuré au mieux mais modestement par les communes.

La garde nationale à Cannes

Cannes mobilise 115 hommes(1) sur les 150 cannois âgés de 20 à 55 ans(2). Les gardes cannois effectuent chaque jour(3) deux patrouilles de 10 hommes et en consignent soigneusement les comptes-rendus. Du 9 octobre au 11 novembre 1870, les seuls faits notés sont des arrestations de vagabonds (par trois fois dont une fois avec échanges d'insultes et de coups de parapluie !) et l'arrestation de deux voleurs.

Le 21 octobre, 64 gardes nationaux de Cannes se joignent à ceux de Montereau et des communes avoisinantes pour aller repousser l'ennemi qui erre, dit-on, du côté de Nangis. Ils partent les uns armés de fusils de chasse, les autres de mauvais fusils à piston. A Coutençon, ils rejoignent des soldats venant d'Auxerre. A Grandpuits, la troupe rencontre environ 300 prussiens logés dans une ferme. Le combat s'engage mais le feu vif et précis de l'ennemi(4) joint à l'arrivée de renforts, met rapidement les gardes nationaux en déroute et les soldats sont obligés de battre en retraite(5). Aucun cannois n'est tué ni blessé(6).

Le passage des troupes ennemies

Les 13 et 14 novembre, l'armée du prince Frédéric-Charles de Prusse (1828 – 1885) traverse Cannes envahie de soldats, de voitures et de chevaux. De nombreux régiments de cavalerie et d'infanterie, accompagnés de fourgons et de voitures pour la plupart réquisitionnés un peu partout, défilent sur la route à Fossard.
A différentes dates, Cannes doit loger six détachements de militaires prussiens comprenant en tout 1 764 hommes et 1 440 chevaux.
Les réquisitions et les dépenses supportées par la commune s'élèvent à 20 687 francs(7).
Au mois de janvier 1871, l'ennemi tire au hasard sur la commune parce que, prétend-il, des francs-tireurs y sont cachés.
Heureusement personne n'est atteint. Six hommes sont emmenés prisonniers à la gare de Montereau et sont relâchés le soir même sans rançon, grâce à l'intervention du garde-magasin des combustibles à la gare.

 

  1. Un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, un sergent-major, un sergent-fourrier (équivalent du grade actuel de sergent-chef), dix sergents, cinq caporaux, cinq hommes faisant fonction de caporal, quatre-vingt dix hommes.
  2. La commune comporte alors 620 habitants.
  3. Les cahiers des comptes-rendus sont conservés en mairie. Ils débutent le 9 octobre (il aura fallu une dizaine de jours pour mettre la décision nationale en application). Ils se terminent le 11 novembre avec l'arrivée des premières troupes prussiennes.
  4. Le combat n'a pas été mené par les gardes nationaux avec la discipline nécessaire, d'autant que quelques-uns tirèrent en chemin sur du gibier, donnant ainsi l'éveil à l'ennemi.
  5. Ce fait d'armes, peu glorieux, n'est pas consigné dans les cahiers de comptes rendus.
  6. L'escarmouche a fait 15 tués, 5 blessés et 2 prisonniers parmi les volontaires français.
  7. De l'ordre de 70 000 €. Cette somme sera couverte par un emprunt de 20 000 francs contracté par la commune et par une allocation par l'Etat d'une indemnité de guerre de 4 684 francs.