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Répartitions des fermes

Sur la rive gauche de l'Yonne, depuis des siècles les terrains agricoles sont entre les mains des seigneurs qui possèdent presque toute la terre, de l'ordre de 400 hectares, laissant peu de place à la propriété d'autres cannois.
A l'opposé, aux Bordes, sur la rive droite la propriété de la terre est plus morcelée, avec des exploitations allant de quelques hectares à plus de cent hectares.

En 1925, la commune compte quatre grosses fermes : la ferme du château et la ferme du moulin sur la rive gauche (appartenant toutes les deux à la comtesse de Fitz-James, propriétaire du château), la ferme des bordes et la ferme du bon-accueil sur la rive droite, ainsi que six exploitations plus petites (une seule du côté du bourg et cinq aux Bordes).

Petit à petit les petites fermes arrêtent toute activité car trop petites pour être viables.
Dans les années 1970, il subsiste encore les quatre grosses fermes et une plus petite dans le bourg.

L'ouverture des exploitations de sable prive petit à petit les fermiers des Bordes de leur outil de travail et les bâtiments agricoles sont convertis en logements et ateliers.

Maintenant les terres qui subsistent aux Bordes ne sont plus exploitées par des cannois, mais par un agriculteur de Varennes-sur-Seine et un autre de Marolles-sur-Seine.

Dans le bourg, il ne reste plus que deux fermes en activité : la ferme du château et la ferme du moulin.

La ferme du château

À l'origine la ferme du château est attenante au château. Mais les bâtiments brûlent dans les années 1890.
Certainement pour éviter qu'un nouvel incendie vienne menacer le château, le comte Hermand Dulong de Rosnay, propriétaire du château et de la ferme à l'époque, la fait reconstruire à son emplacement actuel, à l'entrée de Cannes-Ecluse en venant de Sens.
Les travaux durent cinq ans, de 1905 à 1910(1). Cette construction ex nihilo confère à la ferme une unité architecturale remarquable avec des murs de pierres meulières, des linteaux de briques et des toits de petites tuiles plates. Les bâtiments (l'habitation du fermier, une étable pour 60 vaches, une grange pour 300 moutons, une écurie, des granges, …) forment un rectangle autour de la cour. L'habitation donne sur la rue du château, ce qui donne un accès facile au comte pour visiter son fermier.

Selon la légende locale, à côté de la ferme, passerait un souterrain reliant le château de Cannes aux châteaux d'Esmans et de la Brosse-Montceaux. On en a peut-être trouvé la trace quand, pendant la seconde guerre mondiale, Pompon, l'âne de la fille du fermier meurt. Les ouvriers agricoles au lieu de l'ensevelir, le jettent dans une cavité située en face du chenil de l'ENSOP.

Entre son retour de Berchtesgaden et sa dissolution en 1946, des éléments de la 2ème division blindée séjournent quelques temps à Cannes-Ecluse. La ferme du château abrite le GER XV (Groupement d'escadrons de réparation), l'atelier de mécanique de la division.

 

La ferme du moulin

La ferme du moulin, à l'entrée de Cannes-Ecluse en venant de Montereau, présente un ensemble de bâtiments dont la construction s'est étalée sur plusieurs siècles.
Bien qu'on possède peu de documents permettant de les dater, le bâtiment le plus ancien semble être le moulin lui-même, même si ce qu'il en reste maintenant est certainement le résultat de nombreux remaniements.
Viennent ensuite la maison du fermier et une grange, qui figurent déjà sur le plan d'intendance de 1783(2).

Le moulin, qui moud le blé, est précédé sur le ru d'Esmans par trois autres moulins : le moulin Benoist à Esmans, le moulin du Grand Fossard (incendié dans les années 1960), le moulin à cailloux qui broyait des émaux et des silex utilisés pour la confection des faïences de la manufacture de Montereau-Fault-Yonne.

En février 1814, le moulin est le témoin d'un échange d'artillerie entre les troupes de Napoléon, sur la rive nord de l'Yonne, et les troupes wurtembergeoises sur la rive sud, en retraite après avoir été défaites à Montereau.

Le moulin cesse son activité entre 1906(3) et 1910. Il ne subsiste maintenant que peu de chose de l'installation démantelée : l'axe de la roue à aubes, des trémies et des goulottes de manutention des grains et de la farine, les supports des meules. La charpente du bâtiment est remarquable.

En 1946, la ferme du moulin abrite la musique de la 2ème Division Blindée(4) qui donne des concerts gratuits aux cannois.
Le 29 avril 1957, l'écurie située dans le bâtiment parallèle à la route est ravagée par un incendie. Les ouvriers qui logent à proximité et les chevaux sont épargnés mais 127 moutons meurent asphyxiés.

 

  1. En face du chantier, un café abreuve et alimente les ouvriers. Ayant fait de bonnes affaires, il ferme à l'issue de la construction de la ferme.
  2. Voir le site Internet des Archives de Seine-et-Marne à l'adresse : http://archives.seine-et-marne.fr/plans-d-intendance
  3. Un meunier figure encore au recensement de 1906.
  4. Dont Gérard Calvi, chef d'orchestre et compositeur de musique de film et de théâtre (la tulipe noire, le petit baigneur, Astérix et Cléopâtre, les douze travaux d'Astérix, les Branquignols, le viager, etc..).