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Les armoiries de Cannes-Ecluse(1)

Désirant retrouver les origines des couleurs de Cannes-Ecluse (bleu et jaune = azur et or) que nous avait transmises la tradition orale, j'ai été amené à effectuer des recherches tant aux archives communales et départementales qu'à la Bibliothèque Nationale à Paris.
Ces investigations qui se sont déroulées sur plusieurs années, n'ont apporté aucune lumière sur cette attribution bicolore qui demeurait donc tout officieuse.
Néanmoins, elles m'ont permis de constater que ces deux couleurs, qui sont en particulier celles de l'Île-de-France, se retrouvent également dans les armoiries des grandes familles qui ont eu attache avec notre Cité dans le cours de ce millénaire.
A partir de là, j'ai pensé qu'il serait bon, d'une part, d'officialiser le "caractère acquis" et d'autre part de l'incorporer dans un écu(2) que viendrait "personnaliser" un ensemble de symboles, d'emblèmes se rapportant à notre Commune.

Ainsi ont été conçues les armoiries de Cannes-Ecluse.

Il ne restait plus, pour donner vie au blason, qu'à s'initier aux règles de l'héraldique(3). J'ai eu dans ce domaine un guide éclairé en la personne de mon ami Jacques Oudin-Tacaille. Ce descendant d'une des branches de la famille de Jeanne d'Arc m'a été d'un grand secours et je lui rends hommage.
Nous pliant aux lois de l'héraldique, nous avons dessiné ensemble des dizaines de maquettes avant d'aboutir au projet qui devait être présenté au Conseil Municipal le 11 février 1985. Au cours de cette séance "historique", les Conseillers Municipaux adoptaient le projet à l'unanimité et dotaient ainsi notre commune d'armoiries.

Il restait encore quelques étapes à franchir :
- Direction des Services des Archives de Seine et Marne,
- Commission Nationale d'Héraldique,
avant de parvenir à la consécration officielle par le Ministère de la Culture.

Les armoiries de Cannes-Ecluse sont adoptées par une délibération du Conseil Municipal du 11 février 1985 et approuvées par la Commission Nationale Héraldique le 5 juin 1985.

Le blasonnement(4)

L'ÉCU est d'OR, à la fasce ondée d'azur brisée d'un bâton péri d'argent en bande, au comble bastillé également d'azur enté en pointe du deuxième chargé d'un roseau du champ accosté de deux feuilles du même.

La construction des armoiries

  1. L'ÉCU est la surface géométrique à l'intérieur de laquelle sont représentées les FIGURES qui constituent les ARMOIRIES.

  2. L'ÉCU EST D'OR.
    Le champ de l'écu est JAUNE.
    *OR : ce métal représente symboliquement les valeurs historiques et actuelles de la Commune : LE SOL – cultivé depuis la plus haute antiquité – LE SABLE abondant dans le sous-sol – LE CHÂTEAU occupé actuellement par l'École de Police - LE PRIEURÉ qui n'existe plus aujourd'hui.

  3. A LA FASCE ONDÉE D'AZUR
    La FASCE* est une "pièce honorable" la pièce est un nom générique donné aux figures géométriques par la division de l'écu en lignes horizontales ou verticales le partageant en un nombre impair de parties.
    *la fasce ondée symbolise la rivière de l'Yonne.

  4. A LA FASCE ONDÉE D'AZUR BRISÉE D'UN BATON PÉRI* EN BANDE
    *le bâton PÉRI est une "brisure". Il représente symboliquement le trait d'union entre les 2 rives : le gué, jadis, puis le bac, enfin le pont. Il représente également l'un des nombreux îlots aujourd'hui disparus.

  5. AU COMBLE BASTILLE ÉGALEMENT D'AZUR
    Le comble est une pièce. C'est un "chef" réduit. Il est dit "bastillé" lorsque la ligne de bordure inférieure est échancrée par des créneaux.
    *Le comble bastillé fait apparaître, par opposition, le crénelage qui symbolise le château. (Le château primitif a été démoli vers 1100 sous le règne de Louis VI le Gros et reconstruit vers 1140 à l'emplacement du château actuel (École de Police).

  6. ENTÉ EN POINTE DU DEUXIÈME
    C'est à dire de la deuxième couleur qui est un «émail» l'azur.
    *Cette partie représente les plans d'eau en communication avec la rivière. Dans l'écu : l'azur (eau) remplace donc l'or (sable extrait des carrières).

  7. ENTÉ EN POINTE DU DEUXIÈME... "CHARGÉ D'UN ROSEAU DU CHAMP (or)
    ACCOSTÉ DE DEUX FEUILLES DU MÊME (or).

    Le roseau est la clé étymologique du nom de notre Commune. "Canna" le mot latin désigne, la canne, le roseau... et par extension le lieu où cette plante aquatique pousse en abondance ; ce qui devait être le cas à l'époque gallo-romaine (d'importants vestiges gallo-romains ont été mis à jour à Cannes-Ecluse). Par ailleurs, la stylisation des feuilles tend à rappeler la fleur de lys des armes d'Île de France.

  8. ÉLÉMENTS EXTÉRIEURS.
    La lance de Saint-Georges pourfendant le dragon.
    Saint-Georges(5) est le saint patron de Cannes-Ecluse (fête patronale : le dernier dimanche d'avril).
     
  1. Ce texte est la reproduction d'un article de Gilbert Chiarelli, alors maire de Cannes-Ecluse, publié dans le bulletin d'informations de juin 1986 du Comité des fêtes et loisirs.
  2. L'écu est le bouclier des chevaliers du Moyen-âge. En héraldique, c'est le support physique du blason, au centre des armoiries.
  3. L’héraldique est la science du blason, c'est-à-dire l'étude des armoiries.
  4. Le blasonnement est l'action de décrire, ou encore de lire ou de déchiffrer des armoiries. C'est un langage technique très spécifique.
  5. Georges de Lydda naît en Cappadoce (Est de la Turquie) aux environs de 275/280, dans une famille chrétienne. Il embrasse la profession des armes et devient officier de l'armée romaine.
    La tradition chrétienne rapporte qu'un jour, sur son cheval blanc, Georges traverse Beyrouth au Liban (d'autres versions mentionnent Silène en Libye), terrorisée par un dragon qui dévore tous les animaux de la contrée et exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort. Georges arrive le jour où le sort tombe sur la fille du roi, au moment où celle-ci va être victime du monstre. Georges engage un combat acharné. Avec l'aide de Dieu, il inflige un coup mortel au monstre. La princesse est délivrée et le dragon lui reste désormais attaché comme un chien fidèle.
    A la suite de la publication des édits de l'empereur Dioclétien contre les chrétiens (en 303 et 304), Georges est emprisonné. Après de nombreux supplices, il est décapité le 23 avril 303.
    A Beyrouth, une petite église a été construite sur le lieu de la victoire de Georges sur le dragon. C'est maintenant une mosquée.
    Un petit bas-relief au-dessus de la porte de la sacristie de l'église de Cannes-Ecluse représente Saint-Georges terrassant le dragon.